Chère Monique OLIVIER

Votre courage semble impalpable, masqué par un mutisme émotionnel. Vous abritez, impassible, tant de souffrances maintenues jusqu’alors. On ne peut s’imaginer l’emprise à laquelle vous avez dû faire face durant toutes ces années, auprès d’un mari dont vous étiez clairement la cible principale. Le public avait omis ce détail très certainement. Il serait convenable d’éveiller leur conscience en vous dévoilant davantage, et leur relever les atrocités auxquelles vous étiez doublement confrontée. Ce que le public ignore peut être, c’est la naissance d’un véritable émoi amoureux pour Michel jugé pour de banales affaires d’agressions sexuelles, alors que vous assistiez innocemment à son procès. C’est dans ce contexte que tout aurait pris forme. Viendra votre correspondance, biais par lequel il procédera à votre recrutement. Vous qui naïvement postuliez par amour, vous finirez à sa merci. A ce stade, éprise par son magnétisme, il entendait déjà poursuivre sa quête effrénée du mystère de la virginité en votre agréable compagnie. Vous représentiez pour lui une alliée de taille. Prête à entendre la moindre de ses exigences pour assouvir ses pulsions et contribuer à leur réalisation.

Récompensée dés que vous lui suggériez des ´petits lots’, que vous repériez tel un chasseur de tête. Vous voilà lors de ses absences répétée, mécaniquement, et toujours avec cet entrain plein de vie qui vous caractérise, endosser le rôle de geôlier de ses MSP. Le droit de vie ou de mort entre vos mains. Responsable de vérifier la véracité de leur virginité, de les laver, les pouponner, prêtes à usage comme on prépare à dîner. Le choix ne s’offrait pas à vous, pieds et poings liés, démunie face à une telle escalade hormonale de celui que l’on appelle L’ogre des Ardennes. Sans résistance particulière mais si singulière, vous deviez vous prêtez à revivre chaque scène de viols avec le rôle des victimes séquestrées. Quel mérite d’en être là, sans avoir pensé le trahir un seul instant. D’une loyauté sans faille, même pour une lueur de liberté. Vous avez consenti à ne dire mot. Soudée à la mort avec votre bourreau. La normalité remplaçait l’anormalité. Comment auriez-vous pu leur venir en aide? Ou vous rendre aux autorités ? Chose inconcevable. Vous avez vécu l’enfer, et vous estimez être la première de ses victimes. Votre force se résumait à vous contenir sans intervenir; lorsqu’il s’en prenait à elles verbalement et physiquement dans la camionnette, secouée par leurs ébats. Pour échapper à cette trop plein de réalité, vous promeniez le chien le temps que ça lui passe. Il est même parvenu à vous enfanter à votre insu. Enfant qui deviendra un excellent alibi dans sa stratégie de chasse. Enceinte, vous lui permettiez d’attendrir le gibier plus facilement. Malgré cela, vous subissiez le pire, sans vous plaindre, sans jamais rechigner à la tâche, quand il était question de lui caster un ‘ptit lot’ pour atténuer ses ardeurs…Vous répondiez toujours présente.

Monique Oliver en famille, avec leur fils Selim

La véritable victime de votre mari, c’est vous. Vous, la plus à plaindre entre toutes. Violée à maintes reprises avec votre consentement, par identification. Malheureusement pour vous, il vous gardera en vie. Votre présence et votre engagement lui étaient devenus indispensable. Par cette lettre, je vous apporte mon soutien pour votre sincère contribution et votre générosité méconnues ni reconnues. Qui sait ce qu’il serait advenu de ces jeunes vierges sans votre bienveillance. Impliquée sans compter dans ce rôle, vous avez su ensoleiller leur quotidien si morose. Quel bel égard qu’était le vôtre. C’est pourquoi aujourd’hui, je tiens spécialement à vous rendre hommage pour votre sacrifice et votre humilité, malgré les dommages irréversibles subis sur votre personne. C’est avec enthousiasme que j’attends de vous lire, pour organiser notre rencontre et dévoiler au monde votre vrai visage.

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